OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 WeeklyBest #13: la sélection des Aaaliens http://owni.fr/2010/05/17/weeklybest-13-la-selection-des-aaaliens/ http://owni.fr/2010/05/17/weeklybest-13-la-selection-des-aaaliens/#comments Mon, 17 May 2010 13:06:29 +0000 Martin Untersinger http://owni.fr/?p=15781 Société

La télémédecine, ou comment délocaliser la médecine générale.

Dans certaines régions, notamment rurales, l’accès aux professionnels de santé est de plus en plus compliqué. Plutôt que de régler ce problème à la source, le gouvernement semble bien décidé à promouvoir les consultations à distance (télé-consultations) et l’achat de médicaments via Internet. Au-delà de facteurs purement économiques, cet article de Basta Mag passe en revue les interrogations, les enjeux et les critiques adressés à ce nouveau moyen de faire de la médecine.

Le téléphone qui en savait trop.

Il y a fort à parier que les données personnelles seront dans un avenir très proche de plus en plus géolocalisées. Ce très bon article du Monde nous expose le cas d’une entreprise Californienne lancée dans un business un peu particulier: le traitement de ces données. Grâce à ces dernières, collectées via les smartphones ou les GPS, on peut ficher n’importe qui avec une précision diabolique: âge, sexe, profession, revenus, goûts, habitudes… Entre flicage et innovation, les applications et services envisageables laissent tout à la fois rêveur et angoissé.

Méchant, méchant Facebook ! (en Anglais)

La rancoeur gronde. Toujours plus nombreux, les témoignages agacés d’utilisateurs de Facebook commence à se répandre sur le Net. C’est probablement le plus grand danger que court Facebook à moyen-terme, et déjà les réseaux sociaux alternatifs font leur apparition. Wired s’est lui aussi emparé de la question, et tire à boulets rouge sur la politique de confidentialité de Facebook.

Extension du domaine de la téléréalité.

“L’Amour est Aveugle” : c’est la nouvelle émission de télé-réalité dont on parle partout et qui fait un tabac dans l’audimat… Dans un billet d’analyse, J.-C. Feraud nous explique – en s’appuyant sur Houellebecq – que cette émission est l’illustration définitive du sexe en tant que nouvelle échelle de mesure du pouvoir dans notre société et témoigne d’une vision pontifiante des relations amoureuses.

Internet: le média le plus ouvert aux idées.

Ceux qui utilisent quotidiennement Internet le pressentaient, voilà qui est confirmé. Selon une récente étude Américaine, Internet serait idéologiquement et politiquement bien plus diversifié que la presse écrite et surtout moins polarisant : il conforterait moins que les journaux les individus dans leurs idées et croyances.

Pouvoirs

“Le piratage détruit des emplois” : on ne nous dit pas tout !

Le 12 mai dernier, Libération publiait un article au titre incendiaire: “Le piratage détruit des emplois”. Si la faute a depuis été corrigée, ils avaient omis dans un premier temps de mentionner l’ambiguïté concernant l’auteur de cette tribune, qui était également à l’origine de l’étude sur laquelle cette dernière se basait. Cet article va plus loin que cette simple précision et nous propose un décryptage en profondeur des contre-vérités et absurdités de cette tribune.

“Elle fait quoi, NKM?”

Telle est la fascinante question que s’est posé un internaute sur le site du Monde.fr. S’avouant un peu geek sur les bords, le voilà parti chercher sur l’Internet sur quoi réellement travaille la secrétaire d’état chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique (ouf). Sa réponse dans un très amusant papier. Je vous gâche la surprise : à part le droit à l’oubli, pour le numérique, NKM ne sert pas à grand-chose.

Hadopi: le vice de procédure serait avéré.

On vous en parlait la semaine dernière : un fournisseur d’accès à internet Français a déposé un recours en annulation devant le conseil d’Etat. La cible : un décret d’application de la loi Hadopi. Numerama a demandé à un avocat de se pencher sur la question. Son verdict, après une analyse éclairante et détaillée : ce recours pourrait bien aboutir, car le vice de procédure serait avéré.

Vidéo-surveillance: sélection de liens.

La vidéo-surveillance fait débat, tant en termes de respect de la vie privée qu’en termes d’efficacité réelle. Sur le site animé par le sociologue Laurent Mucchielli, cet article nous propose une belle sélection de liens sur le sujet, de quoi y voir plus clair à propos des impacts, des enjeux et des politiques de la vidéosurveillances.

Acta est fabula ? Internet : l’Empire contre-attaque !

On en parle pas assez, et pourtant ! Malgré l’obsession du secret entretenue par les pays négociateurs, cela pourrait bien être l’accord international le plus lourd de conséquences de ces dernières années. Entre libertés individuelles, neutralité du net et inégalités sociales, cet article clair, pédagogique et bien documenté revient en détail sur les contradictions, les conséquences d’un accord qui s’annonce liberticide.

Cultures numériques

Le non-sens de la vie (sur la conscience malheureuse des temps numériques)

Certes, OWNI est technophile. Pourtant, nous espérons ne pas faire partie des Internautes bêlant benoîtement à la gloire du tout puissant Internet et nous savons lui reconnaître ses défauts. Ce très bon article de Mon iPhone M’A Tuer s’interroge sur le sens de la vie à l’heure digitale. Rien de moins. Et dénonce tout autant les technophobes réfractaires se lamentant sur une hypothétique “perte de sens” ainsi que les technophiles aveuglés par le salut imaginaire des nouvelles technologies : la vie n’a d’autre sens que celui qu’on lui donne.

5 paniques liées à la copie d’oeuvres artistiques… avant Internet. (en Anglais)

On nous bassine avec les dangers – réels ou supposés – qu’Internet fait planer sur l’industrie culturelle, celle de la musique particulier. Cette situation est probablement inédite par son ampleur, mais pas par sa nature. Car oui, depuis l’invention de l’imprimerie, toutes les techniques de copies ont été accusées de mener la création à sa perte. Voici donc 5 paniques engendrées par la copie, qui nous font prendre du recul sur ce qu’on présente comme un “bouleversement” ou une “révolution”. Pas tant que ça, finalement ?

“La musique gratuite est un mirage” (en Anglais)

L’auteur de ce long et passionnant billet n’y va pas par quatre chemins et donne un coup de pied dans la fourmilière des nouveaux convertis du tout-gratuit. Non, la musique n’a pas vocation à être entièrement gratuite et oui, les gens sont encore prêts à payer pour de la musique.

10 choses à ne pas faire avec votre iPad (en Anglais)

Si vous n’avez pas été en contact avec le monde extérieur depuis deux mois, vous ne savez peut-être pas que l’iPad sort en France très bientôt (le 28 mai pour être précis). Si comme moi vous ne savez pas trop ce que vous pourriez bien faire avec un iPad, voilà un billet qui vous apprendra au moins ce qu’il ne faut PAS faire. Ouf.

Journalisme(s)

Les “News café” hyperlocaux font un tabac en République Tchèque (en Anglais)

Hyperlocal, alliance profit/non-profit, crowdsourcing, community management… Autant de concepts sensés sauver la presse et prompts à être maniés par qui veut bien se réclamer expert… Et si on mélangeait tout ça dans une grande tambouille journalistique et expérimentale ? Vous êtes sceptique ? Vous ne devriez pas ! Un groupe d’investisseurs Néerlandais fait un carton en République Tchèque avec des publications hyperlocales organisées sous forme de véritables cafés (expos, concerts, lieu de socialisation) et réalisées en collaboration avec les habitants, le tout adossé financièrement à une société multimédia. Et ça marche. Du tonnerre.

L’iPad, planche de salut pour Gutenberg.

A ce jour, ce long article est probablement le plus complet et le moins bêtement admiratif concernant la nouvelle tablette d’Apple. Après avoir tracé un bref historique de la conception et de la sortie du nouveau jouet de la firme de Cupertino, l’article souligne la nécessité d’innovation technique et d’invention de nouveaux modèles éditoriaux, de nouvelles “grammaires” à même d’exploiter les capacités de la tablette et d’en faire cette “planche de salut” tant attendue par la presse.

7 avantages que les écoles de journalisme pourraient tirer des universités.

Les écoles de journalisme auraient beaucoup à apprendre  des universités en termes de recherche, de moyens techniques, de publications, d’accords d’échange, et surtout de pluridisciplinarité… De nouvelles pistes à explorer pour renouveler la formation à un métier en pleine mutation(s).

Tablettes: le futur du journalisme ? (en Anglais)

Pas si farfelu que ça et moins stérilement “hype” que ça en a l’air : délais de fabrication raccourcis, auteurs mieux rémunérés, marges plus importantes pour l’éditeur. Cet article d’anticipation table sur une propagation des tablettes de type iPad dans les dix ans à venir et nous montre chiffres à l’appui que ce support s’adapte parfaitement aux exigences du journalisme. Une piste de plus à explorer.

Crédits Photos CC Flickr : irenegr, hulk4598, mariefish, sveinhal.

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WeeklyBest #12: la sélection des Aaaliens http://owni.fr/2010/05/07/weeklybest-12-selection-bestof-aaaliens/ http://owni.fr/2010/05/07/weeklybest-12-selection-bestof-aaaliens/#comments Fri, 07 May 2010 14:35:23 +0000 Martin Untersinger http://owni.fr/?p=14788 Société

Prévoir et gérer les épidémies grâce à Internet (en Anglais).

Les réseaux sociaux et les blogs pourraient aider à prévoir et anticiper les épidémies de demain. En triangulant de nombreuses données informelles, des recherches Google aux statuts Twitter en passant par les billets de blog, les prévisions du site HealthMap sur la grippe H1N1 avaient ni plus ni moins 12 jours d’avance en moyenne sur les annonces officielles. L’OMS utilise déjà l’outil pour anticiper et suivre à la trace les futures épidémies de grippe, ainsi que 200 autres maladies.

Pourquoi je n’utiliserai plus Facebook !

Les constants aménagements de la politique de confidentialité de Facebook (voir ce papier sur la soucoupe) commencent à agacer les utilisateurs et il y a fort à parier qu’ils vont être de plus en plus nombreux à se détourner du géant Californien. L’exemple ici-même avec cet article de Hugo Roy, qui nous en explique les raisons.

Powerpoint, nouvel ennemi de l’armée Américaine (en Anglais).

L’armée américaine s’est trouvé un nouvel ennemi : Powerpoint. De plus en plus présent dans l’état-major, certains généraux Américains l’accusent d’être réducteur et dénoncent son usage systématique. “Faire des slides powerpoint”, c’est la réponse éloquente donnée par un lieutenant de l’armée américaine interrogé sur sa principale activité dans l’armée. Un constat qui peut aisément s’appliquer ailleurs.

Facebook va-t-il révolutionner le web ?

Facebook est devenu un acteur incontournable de l’Internet. Ce long billet de Fred Cavazza évoque les perspectives, les enjeux et les dangers qui attendent le premier réseau social du monde et ses utilisateurs, notamment en termes de sémantique web, de personnalisation et des inévitables problèmes de protection des données privées.

Le droit à l’oubli : vraie solution ?

NKM a fait du droit à l’oubli sur Internet son nouveau cheval de bataille. Dans cette tribune, Yan Caeyssen explique que ce droit à l’oubli est une solution inapplicable et contre-productive qui occulte des mesures plus efficaces et plus larges.

Pouvoirs

Élections en Grande-Bretagne : le rendez-vous manqué avec Internet.

Les commentateurs annonçaient qu’Internet allait jouer un rôle prépondérant sur l’élection générale britannique. Alors que les Britanniques ont voté hier, ce billet met en doute cette version. Et avance deux explications : une faible audience et un faible investissement sur les réseaux sociaux de la part des politiques, et la peur de la bourde. Crainte justifiée, au vu du tollé provoqué par les déclarations incendiaires sur Twitter du candidat du labour Stuart MacLennan, depuis radié de son parti.

Coût de la délinquance et indépendance du Figaro.

Le Figaro a publié hier un papier au titre retentissant “La délinquance coûte 115 milliards chaque année”. Ce billet nous apprend qu’il reprend une étude mené par un think-tank libéral révélant que les délinquants qui coûtent le plus cher à l’État préfèrent les costards et les cravates… aux casquettes et aux joggings !

La Banque mondiale ouvre ses données.

La Banque Mondiale a récemment annoncé ouvrir ses données au public. Ce sont des bases de données regroupant plus de 2000 indicateurs sur la pauvreté, l’éducation ou encore l’économie dans tous les pays du monde qui sont désormais disponibles ici.

Hadopi attaqué devant le Conseil d’Etat pour vice de forme.

La longue liste des couacs d’Hadopi pourrait bien s’allonger encore une fois. Benjamin Bayart, président de la FDN, fournisseur d’accès à Internet, vient en effet de l’attaquer devant le conseil d’Etat. Plus précisément, la FDN demandeà ce dernier d’annuler un décret d’application de la loi d’Hadopi, celui qui prévoit d’obtenir les coordonnées des internautes contrevenants auprès de leur FAI. La raison ? Le gouvernement n’aurait pas consulté l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) alors même que le code des Postes et des Communications Électroniques prévoit une telle consultation. Il y a fort à parier que si le conseil d’Etat annule ce décret (pas avant six mois), Hadopi deviendrait une coquille encore plus vide, incapable de se procurer les coordonnées des internautes en infraction.

Cultures numériques

Youtube : Le broadcast yourself n’est plus.

A peine Ken Loach avait-il annoncé rendre disponible sur Youtube certains de ses documentaires que la compagnie propriétaire des droits décidait de les y retirer. Une situation ubuesque qui reflète le tournant opéré par Youtube, bien illustré par ce billet. Le broadcast yourself n’est plus.

La fin du Page Rank et l’avènement du web social.

Si le web (et Google) se sont développés sur la base des liens hypertextes, le passage vers un web en temps réel et l’émergence des réseaux sociaux remettent en cause ce paradigme. Benoît Raphaël évoque ce changement de paradigme, la fin du lien hypertexte et du Page-Rank, et du remplacement du SEO par le SMO (Social Media Optimization).

Jeff Jarvis sur les commentaires des sites d’actu (en Anglais).

“La voix des trous du cul”. Ces mots crus sont du gourou Jeff Jarvis et désignent… les commentaires sur les sites d’actu. Selon lui, l’intérêt de ces derniers n’est pas d’entendre les voix de leurs lecteurs, mais simplement qu’ils consomment leurs contenus. A la place, Jeff Jarvis préconise un usage étendu à Twitter, où la quête des followers stimule la réaction constructive et la production de contenus de qualité.

Pourquoi je déteste la 3D (en Anglais).

Il semblerait que l’industrie du cinéma, et dans son sillage la majorité de l’industrie audio-visuelle, prenne le chemin de la 3D. Sur Newsweek, le critique cinéma du Chicago Sun Time passe en revue une foultitude d’arguments qui le pousse à détester la 3D, de l’économique à l’esthétique en passant par  le philosophique. Des pistes intéressantes pour s’interroger sur cette technologie qui est appelée à jouer un rôle de plus en plus grand.

Journalisme(s)

Le métier de front page editor.

L’émergence du web en temps réel nécessite la création de nouveaux postes dans les rédactions. Parmi eux, celui de front-page editor, journaliste chargé de l’édition et de la gestion de la page d’accueil. Alice Antheaume a rencontré celle du NYtimes.com, et nous explique en quoi consiste ce nouveau métier du journalisme.

Rich Media et Datajournalism, le retard des médias Français.

Alors que les médias américains sont nombreux à emprunter la voie du datajournalism et du rich media, leurs homologues Français tardent à prendre ce virage. Au grand dam de l’auteur de ce billet, qui propose quelques pistes à suivre pour ne pas définitivement sortir de la route. (La même question a été abordée chez Owni)

Comment faire payer l’information ?

Un bref et lumineux état des lieux des pistes pour monétiser l’information, sur la soucoupe.

“Si tu es un étudiant en journalisme, tu trouveras un job avant même de quitter le campus !” (en Anglais)

Le journalisme avait bien fière allure en 1965. La preuve : un blogueur de The Pitch a exhumé “Your Career in Journalism” (sic), un ouvrage publié il y a quarante-cinq ans et nous en livre les quelques extraits, transformés en perles, vus du XXIème siècle.

Divers

Google se voit en madame Irma.

Science-fiction ? On serait tenté d’y croire, et pourtant… Google vient d’investir un montant tenu secret dans Recorded Future, une start-up qui développe une application pour… prédire l’avenir.

10 bonnes raisons de ne pas croire au streaming.

Beaucoup considèrent le streaming comme l’avenir de la musique sur Internet. Mais non, Jean Gonzague Saint Broute n’y croit pas, mais alors pas du tout.

Photos CC Flickr : Sveinhal, St3f4n, Kevindean et ^^TILSIM^^.

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The Weekly Best #11: Sélection des Aaaliens & Best-of d’Owni /-) http://owni.fr/2010/02/26/the-weeklybest-11-selection-aaaliens-bestof-owni/ http://owni.fr/2010/02/26/the-weeklybest-11-selection-aaaliens-bestof-owni/#comments Fri, 26 Feb 2010 15:47:35 +0000 Admin http://owni.fr/?p=9091 flying

Ces rdv sont trop rares et les bonnes résolutions trop rarement tenues! Ce billet est donc d’une densité exceptionnelle pour ce 11° #Weeklybest .

Nous vous proposons ici un best-of éditorialisé des articles les plus lus et et les plus partagés sur Aaaliens depuis près de deux mois, ainsi que les dix articles les plus lus sur la soucoupe ces dernières semaines. Détachez vos ceintures – bon surf /-)

#Aaaliens :

Journalisme

Bilan 2009, perspectives 2010

2009 aura consacré les réseaux sociaux comme de nouveaux médias de masse, et l’arrivée de l’Internet sur soi (et non plus seulement chez soi), tandis que les médias traditionnels restaient sur la défensive.

2010 devrait confirmer l’essor de l’information en mobilité (smart phones, tablette Apple, lecteurs ebook & encre électronique, téléphones Google….), du journalisme en temps réel avec recours à la géolocalisation et à la visualisation de données, mais aussi voir se développer de nombreuses nouvelles petites unités éditoriales. Côté médias classiques, le payant sur le web va être testé une nouvelle fois, sur fond d’alliances plus nombreuses entre anciens frères ennemis. Parions aussi qu’un vif débat autour de l’utilisation des données personnelles va enfin surgir.

Pourquoi les hebdos parient sur le Net

Le principal défi reste cependant de se distinguer dans l’univers bouillonnant des sites d’informations
Ces sites d’information, gratuits et basés sur la publicité, sont toujours sources de pertes pour leurs maisons mères. De nouveaux modèles économiques sont à l’étude, mais les hésitations se font sentir.

La presse hexagonale regarde passer l’ innovation technologique

Depuis les débuts de la numérisation massive, les industries françaises de contenus – musique, presse, édition, vidéo – regardent passer les innovations en ruminant de l’anti-américanisme primaire et en gémissant sur l’indifférence que les audiences – le peuple, en somme – osent manifester à l’égard de leur offre fade et monotone.
Elles ont contribué au torpillage du réseau français Cyclades qui, en 1978, intéressait énormément les pionniers américains d’internet (1). Elles n’ont pas vu arriver le CD audio, donc le DVD, preuves palpables que tout est numérisable. Elles n’ont pas vu arriver l’ADSL. Elles n’ont pas vu arriver le MP3. Elles n’ont rien compris à Napster. Elles n’ont pas vu arriver Google. Elles n’ont pas vu arriver Youtube. Elles ne voient pas ce qu’auraient pu leur apporter les lecteurs et tablettes électroniques…

Le futur des magazines sur iPad

“La tablette d’Apple bouleversera-t-elle le monde de l’édition ? L’attention s’est surtout tournée vers les livres et quotidiens. Mais il me semble que ce sont les magazines qui seront les plus transformés par l’interface.”

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Wired version iPad

Personne ne pense un seul instant qu’il devrait payer pour son journal

Entre vouloir faire payer l’information à l’internaute et y parvenir, il y a un pas. Il ne pourra s’agir que de revenus complémentaires. Déjà, les médias de masse ont toujours été financés en partie par la publicité et l’impôt. Et il y a incompatibilité entre l’information sur le web et le payant. Les groupes de média essayent de s”ortir d’un modèle totalement « ouvert » et hyper-compétitif, ou le « gratuit » est dominant, pour se construire des refuges, des niches, où ils pourront contrôler l’accès et le mode de paiement (modalités et montant).”

Séisme, mensonges et vidéo

Intox, mode d’emploi. D’un côté, des individus réactifs et fin connaisseurs du web. De l’autre, des journalistes pressés et mal formés à la vérification en ligne. La vidéo présentée par des médias comme celle de “l’ambassade de France à Haïti pendant le tremblement de terre”, capturée à la va-vite sur des plateformes, passe pour un cas d’école.

“L’avenir de la presse est dans les réseaux” par Jeff Jarvis / video – fr

À l’heure d’Internet, l’erreur des médias est de vouloir préserver leur ancien modèle économique, estime le blogueur Jeff Jarvis. Celui-ci préconise la mise en place d’un nouveau webjournalisme, basé sur la sélection et l’enrichissement de contenus. Un entretien majeur, en français / et qui en éclairera plus d’un sur ce que nous sommes en train de monter /-)

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“Les effroyables imposteurs” sur Arte, Hadopi, Loppsi2: la revanche des anti-Internet

“Les journalistes seraient plus inspirés de trouver leur place dans ce nouvel écosystème plutôt que de faire perdre l’argent à la télévision publique à tenter de démontrer avec des ficelles aussi grosses que des gazoducs que le web est dangereux.
Ils devraient la jouer “Journalistes+amateurs” plutôt que “journalistes contre amateurs”.
Se battre contre l’effroyable amateur en brandissant le sceau divin de sa carte de presse, ce n’est pas à l’honneur d’une profession qui, au fil du temps, a toujours sur prouver qu’elle était capable de s’adapter au bouleversement permanent du monde et des usages.”

Les Français commencent à lire leurs journaux sur l’iPhone

Comme sur Internet, l’enjeu est désormais de monétiser cette audience.

La culture populaire à l’abordage des sites d’infos français

Si la ligne éditoriale d’un site d’infos et les goûts des internautes ne coïncident pas toujours, il y a au moins une chose qui fait l’unanimité. C’est gagné quand l’article véhicule ou suscite une émotion, comme le montre cette étude sur les articles les plus envoyés du New York Times. Et cela reste valable même si l’article parle de cosmologie.

En anglais

BBC tells news staff to embrace social media or leave

BBC journalists must keep up with technological change – or leave, the director of BBC Global News Peter Horrocks says.

Demand Media May Be Bad for Social Media, but Not for Journalism

Production of SEO optimized content is not just a matter of “gaming” Google; It plays to the notion of tweaking the purpose of social media for marketing. In this, Demand is also neutral. Demand’s intention is not to trick consumers of corporate social media efforts into believing someone’s there to listen to them. Rather, Demand’s intent is driven by the social media plan of the corporation that commissions the content.

For newspapers, Demand’s edited, optimized content could be beneficial. As newspapers continue to downsize, many will not be able to afford freelancers for the supplemental publications that have been helping some newspapers to stay afloat. If a newspaper receives edited, optimized evergreen content at reasonable cost it will not need to end supplemental publications.

There is no new revenue model for journalism

There are three ways – and only three ways – that publishers can make money from their content: 1. Direct purchases, such as subscriptions, copy sales and tickets 2. Advertising 3. Donations, including direct contributions and grant funding.

Société numérique

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Le monde de la culture sombre-t-il dans la diabolisation de Google et de l’Internet?

“Tous ces éléments mis ensemble manifestent l’angoisse presque désespérée avec laquelle les acteurs de la Culture en France accueillent la révolution numérique. Son extension progressive à chacun des secteurs concernés a été vécue comme une montée progressive des périls. Elle touche aujourd’hui le dernier bastion, le coeur sacré du temple culturel : le livre et cela n’est pas sans importance pour expliquer la violence des réactions actuelles qui, de l’indifférence et du mépris semblent évoluer maintenant vers la haine.”

Les blogs “extimes” : analyse sociologique de l’interactivité des blogs

Le premier objectif de cet article est de mieux comprendre les motivations initiales des blogueurs de blogs personnels.Le second est plus fondamentalement d’expliquer la perception globalement positive qu’ont les blogueurs des réactions des internautes. Finalement, l’engouement que cette nouvelle activité suscite fait ressortir quatre types de motivations : témoigner, dévoiler sa personnalité (éventuellement créative), donner son avis, écrire. Ainsi, le succès des blogs extimes tient alors en partie à leur capacité à prendre en charge des besoins d’expression variés dans la population. Mais il tient aussi au caractère jugé « valorisant », « enrichissant » des réactions reçues par les blogueurs à la lecture de leurs billets.

Web : Les adolescents se détournent des blogs

“Aux Etats-Unis, le nombre de jeunes de 12 à 17 ans tenant un blog a été divisé par deux depuis 2006. Ils préfèrent les mises à jour de statuts sur Facebook, mais ignorent Twitter.”

Les surprises des pratiques des 8-18 ans

Jean-Michel Salaün revient sur une étude de la Kaiser Family Foundation sur les pratiques des médias des 8-18 ans aux Etats-Unis. Le temps d’exposition aux médias reste toujours élevé (4h29 en moyenne en 2009) au profit de la télé surtout. Télé pour laquelle si la pratique diminue, le visionnage différé augmente.

Les jeunes et les médias : un stagiaire du Figaro répond à Morgan Stanley

“Toute la City avait tremblé, cet été, après la publication par Morgan Stanley du rapport d’un de ses jeunes stagiaires, Matthew Robson, 15 ans et 7 mois, sur la manière dont les jeunes consomment les médias. Une de ses trouvailles édifiantes – les adolescents n’utilisent pas Twitter – avait fait douter les plus sérieux financiers de la pertinence de ce service.”

Education : Facebook doit entrer à l’école

Comment les enseignants peuvent-ils introduire les réseaux sociaux dans la salle de classe ? Pour commencer, les jeunes peuvent parler de ce qu’ils font sur Facebook et cie, présenter les façons dont ils opèrent des connexions entre eux, et partager les vidéos et les logiciels qu’ils ont créés. Une fois la conversation engagée, les enseignants identifient quels étudiants ne participent pas et doivent trouver les façons d’accroître la capacité d’implication de ces étudiants pour les mettre à niveau. Les enseignants peuvent gérer le projet en sélectionnant le contenu et les conversations les plus intéressantes et en les intégrant dans les troncs communs du curriculum. Si un étudiant a créé une entrée sur Wikipedia pour un groupe de musique ou une équipe sportive locale, d’autres pourraient travailler en équipe pour réviser sa contribution ou pour l’incorporer dans un projet plus large sur l’histoire locale.

La génération « post-micro »

La génération des digital natives n’est pas si à l’aise que cela avec l’informatique, explique Jean-Noël Lafargue, qui voit arriver des “étudiants « post-micro-informatique », relativement malhabiles face aux logiciels bureautiques ou de création, auxquels ils ont pourtant eu accès au collège.” Cette nouvelle génération, à l’image de celle que pointait du doigt l’étude sur les jeunes off-line et la fracture numérique, publiée récemment par la Fondation Travail et Technologie de Namur, a une connaissance de l’informatique limitée aux outils de pure récréation. Pour Jean-Noël Lafargue : “Les outils cessent d’être des vecteurs d’émancipation lorsqu’on n’en a aucune maîtrise.”

Facebook comme bac à sable

L’ubiquité, la toute puissance, l’unité enfin accomplie, la victoire contre les instances parentales, la liberté enfin retrouvée, le contact permanent avec les « bons » objets.. Mais Facebook est juste un bac à sable et les châteaux de sable que nous y construisons ne nous appartiennent pas. Tout ce que nous y produisons est tributaire des outils que Facebook nous donne.

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Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs

Si vous êtes utilisateur de Facebook (et il y a toutes les chances pour que vous le soyez, comme 15 millions de Français) alors il y a deux choses que vous devez savoir :

Vous êtes propriétaire de vos données personnelles mais Facebook se réserve le droit de les utiliser à sa guise (cf. les nouvelles CGU : Facebook’s Great Betrayal). Si vous ne modifiez pas les paramètres de confidentialité, vos données personnelles sont maintenant accessibles à tous et indexées dans Google. Oui vous avez bien lu : Facebook n’est officiellement plus un réseau social fermé mais une plateforme sociale ouverte où n’importe quel internaute peut parcourir votre profil et les informations qui y sont affichées.

Vie privée : le point de vue des “petits cons”

Pour Josh Freed, célèbre éditorialiste canadien, c’est la plus importante fracture générationnelle depuis des décennies, qu’il résume ainsi : d’un côté, nous avons la “génération des parents”, de l’autre, la “génération des transparents”.

La vie privée n’est pas ce que l’on croit

Je vais encore une fois jouer les vieux cons, mais je trouve parfaitement superflue l’agitation actuelle autour de ce qui serait la fin de la vie privée.

Les médias sociaux et le décès de Lhasa de Sela

La frontière entre la sphère publique et la sphère privée est flexible et mince. Les gens qui utilisent les médias sociaux n’ont pas encore le réflexe de tenir compte du fait que si leur profil est ouvert, ça devient accessible publiquement. Même avec un petit nombre de contact dans ses réseaux, une “fuite” peut arriver très rapidement. Je constate qu’il y a le besoin fort de l’humain de s’exprimer et de partager ses émotions avec ses proches. Dans ce cas-ci, les deux statuts sur Facebook ont été fait sur la sphère publique parce que les profils étaient libres d’accès. Dans le cas de Mike Pincus, il avait un réseau de 29 amis, alors que Jules Beckman avais un réseau de 318 amis. Ainsi, l’effet viral de l’information et de la rumeur était déjà enclenché. Par la suite, l’information est passée dans l’univers de Twitter et en français. De là est apparue cette explosion de la nouvelle et la création de la rumeur qui est présentée plus haut.

Le Vatican évangélise le “continent digital”

2009 aura donc marqué un tournant dans l’histoire digitale du Vatican, mais le plus dur reste à faire : l’évangélisation du continent digital, tout comme à l’époque des missionnaires, prendra beaucoup de temps. L’Eglise en a conscience et s’engage dans une stratégie de petits pas qui ne fait pas peur à une institution séculaire. Mgr di Falco la résume en quelques mots : “Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : « Quelques gouttes de rosée sur une toile d?araignée, et voilà une rivière de diamants. » Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l?immense toile internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants”

Le flux – NT2

Le laboratoire NT2 vient de livrer une intéressante introduction au concept de flux, plus particulièrement dans l’art hypermédias. Mais ceux qui s’intéressent au sujet pourront y puiser bien des références, dans ce flux, concepteur fondateur de la culture web.

danah boyd : Ce qu’implique de vivre dans un monde de flux

L’article revient aussi sur la conférence de danah boyd au Web 2.0 : d’accord avec JM Salaun en commentaires qui estime qu’il y a [peut y avoir] contresens dans sa perception que “Dans le modèle de la distribution de l’attention en réseau, il y a encore une forme de distribution qui ne passe pas directement par les créateurs, mais par d’autres intermédiaires?”. Retour aussi sur son expérience de backchaneling via le mur Twitter public (twitterwall) durant sa conférence : la vidéo ne montre pas grand chose. Le lynchage en ligne par la foule sur Twitter serait baptisé “Tweckle” par Marc Parry…Hubert Guillaud appelle très justement à la mise en place d’une sorte de savoir-vivre ou faire dans ce type de rencontre “Il faut mettre en scène la rencontre entre le back et le front channel”

danah boyd : “Voyez-vous ce que je vois?”

Puisque nous réfléchissons à la société numérique que nous sommes en train de créer, je vous invite à réfléchir à la visibilité. Que pouvez-vous voir que vous ne pouviez pas voir avant ? Quelles réactions cela provoque en vous ? Et qu’allez-vous faire à ce sujet ? Il est peut être temps pour nous de nous colleter à la visibilité et de prendre un moment pour regarder. Prenez un moment pour voir. Et, plus important que tout, prenez un moment pour agir.

Secousses syntaxiques et tremblements motorisés : Google, Twitter et Haïti.

Face à la catastrophe de Haïti, retour sur les logiques en cours sur Google et sur Twitter qui renvoie à la structuration de l’information.

Ingénieries de la sérendipité

Quels sont les procédés de la sérendipité, ces découvertes que l’on fait sans s’y attendre, en se baladant sur la Toile ?

Twitter ou la société d’adoration mutuelle

“Dans cette production tous azimuts de contenus par tout un chacun est surgi un phénomène tout particulier avec des plateformes de réseautage social comme le blogue, Twitter et Facebook: la diffusion de soi pour obtenir la reconnaissance de soi. Ces outils sont de fantastiques machines de promotion de soi. Et les gens ne se gênent surtout pas pour les utiliser, et c’est très bien ainsi. C’est à qui fera le plus possible la promotion de lui-même afin de rejoindre un public de « suiveurs » et d’admirateurs. Seth Godin, quant à lui, appelle ça votre « tribu ». (…) Une fois que la tribu est constituée, se développe alors une société d’adoration mutuelle.”

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L’Internet comme miroir des exclusions

Internet une “merveilleuse” méritocratie ? Pas vraiment expliquait danah boyd au dernier Personal Democracy Forum, en montrant comment la répartition des populations américaines sur MySpace et Facebook relève de mécanismes d’exclusion sociale. Facebook s’est peuplé depuis les universités et les grandes écoles au détriment de MySpace qui rapidement été ostracisé, à la manière des quartiers de banlieue. Au final, les deux espaces s’ignorent totalement. Pour danah boyd, il est clair que l’internet est le reflet de nos sociétés, que c’est un espace public qui appartient d’abord aux classes dominantes. Etre sur un réseau social c’est indiquer à quelle population on s’intéresse et à laquelle on ne s’intéresse pas.

Soyons sérieux, jouons ! (1/5) : Prendre le jeu au sérieux

L’actuelle vogue des “jeux sérieux” doit beaucoup à la montée en puissance des ordinateurs et à la perfection des simulations. Du coup, le jeu sérieux quitte ”école pour investir d’autres domaines. L’entreprise, bien sûr, mais aussi la santé, voire l’action militante, car certains de ces jeux ont moins pour ambition d’éduquer sur un sujet que faire passer des idées : c’est ce qu’on appelle les “jeux persuasifs”.

Mais le progrès technologique ne résout toujours pas la difficulté, le paradoxe du “jeu sérieux” : une simulation n’est pas un jeu, comme nous le rappelle Second Life ! Or, la dimension ludique reste nécessaire pour permettre l’immersion : on ne s’investira pas dans la meilleure des simulations si l’on s’y ennuie à mourir.

Google Chrome : les 10 meilleures extensions pour les blogueurs

Comme son titre l’indique.

Politique

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Hadopi, Loppsi: les censeurs du Net s’organisent

Il eut été plus juste et plus rassurant, touchant au domaine des libertés numériques et de l’usage d’Internet, de commencer par garantir les droits des internautes. Ce n’est pas le parti pris par nos gouvernants…

La disparition du secrétariat d’État à l’Economie numérique est-elle programmée ?

Derrière la rumeur, un bilan intéressant, car contrasté, du passage de NKM à l’Economie numérique.

Les solutions pour contourner Hadopi de plus en plus qualitatives

Comment contourner Hadopi ? Le ReadWriteWeb liste les solutions et souligne que la mutation des usages est déjà en cours et qu’elle ne va toujours pas se faire au profit des auteurs et des artistes. Hélas.

Réseaux sociaux politiques : tout le monde veut son MyBarackObama.com

Nicolas Vanbremeersch fait le point sur la floraison des sites politiques sociaux à la veille des régionales : “Les créateurs de possibles, par son ignorance de la sociabilité, et la Coopol, par sa fermeture, ignorent que l’important est ailleurs. Il est là : sur le web non comme outil d’organisation, mais comme territoire réel, comme lieu de rencontre, de circulation des idées, de partage, de mobilisations de pair à pair, sans gros site qui nous mâche le travail.”

Economie

Deezer, ou les raisons d’un beau gâchis

“L’avenir du streaming ne passe manifestement pas par le Web 2.0 mais, au contraire, par la fourniture d’un juke-box logiciel léger, puissant et ergonomique. Apple a déjà montré la voix avec iTunes. Spotify ne fait que confirmer cette tendance de fond. Jonathan Benassaya ne pouvait pas ne pas l’avoir perçu. Mais avait-il seulement les moyens de changer de stratégie ? La réponse est non.”

Neo-experts, post-gourous et wannabe consultants digitaux

Vous aussi ?! Alors pourquoi ne pas vous renseigner sur l’expert digital ou l’agence avec qui vous allez bosser ?

* Un expert en blog ? Il est où son blog ? Il fonctionne ? Combien de commentaires par articles, combien de lecteurs estimés ? Depuis combien de temps existe-t-il ? A-t-il une véritable ligne rédactionnelle ou est-ce un blog “seo-oriented” ?
* Un expert Twitter ? Combien de followers ? 300 ? Ben dites donc, ça doit être un expert de niche ou alors il se fout de votre g*. Lisez Self-Proclaimed Social Media Gurus on Twitter Multiplying Like Rabbits.
* Un expert en e-notoriété ? Googlisez son nom et analysez les résultats. Sa e-réputation se doit être nickel. Et ça vous permet de tester la longevité du bonhomme. Quoi ? Seulement 3000 résultats ? Il a découvert le web avant-hier ou quoi ?

Devenir influent ?

L’influence s’adapte à la loi du média : d’une stratégie du message standardisé, massif et persuasif à de multiples tactiques d’alliance, réseaux, reprise, réputation, adaptées aux configurations changeantes du nouveau Web.

Sciences

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Les vertiges de la technoscience. Façonner le monde atome par atome

” Pour B. Bensaude-Vincent, la technoscience est bien plus que l’avènement d’un nouveau champ pour la connaissance, c’est un véritable changement de régime, qui nous appelle à réévaluer toutes les notions et les distinctions sur lesquelles s’est fondée la découverte scientifique. Mais on peut penser qu’une telle manière de juger de l’histoire des sciences cède trop facilement aux mirages du postmodernisme”…Transhumanisme, nanotechnologies, convergence…

> Le best-of d’Owni (via PostRank) :

> Le dernier Best-Of publié sur la soucoupe

> Tous les (trops rares ;) ) WeeklyBest

> Les Top d’Aaaliens (fonctionne sur n’importe quel mot-clef)

> Le prochain WeryBest intégrera la sélection de la rédaction /-)

> Vous souhaitez partager un lien ? n’hésitez pas à le faire ici en commentaire !

Pour les fans : une page de photos volées qui sera actualisée en temps-réel, photos d’un chantier de design auquel nous vous inviterons ; celui de la V2 d’Owni !

Crédits Images (dans l’ordre d’apparition)

[image CC Fesoj]

[image CC topgold]

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[image CC Balakov]

[image CC Brajeshwar]

[image Copyright Geoffrey Dorne sur jaffiche.fr]

[image CC Belgapixel's]

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On achève bien d’imprimer http://owni.fr/2010/02/08/on-acheve-bien-dimprimer/ http://owni.fr/2010/02/08/on-acheve-bien-dimprimer/#comments Mon, 08 Feb 2010 09:08:12 +0000 JCFeraud http://owni.fr/?p=7730

Les amis de la forêt qui n’ont pas pardonné à Gutenberg l’invention de la presse à imprimer en l’an de grâce 1440 peuvent dire merci à Internet. La révolution numérique est en train de mettre fin à la civilisation du papier en dématérialisant nos échanges à la vitesse de 100 megabits par seconde, bientôt beaucoup plus.Fax, lettres d’amour, cartes postales, déclarations de revenus, livres et journaux imprimés… Avant dix ans, peut-être moins, ces millions de tonnes de paperasse – que l’on s’efforce encore de recycler pour épargner ce qu’il reste de la Selva amazonienne et de nos forêts primaires européennes – seront reléguées au rayon des antiquités. Comme avant elle les tablettes d’argile de Babylone et Summer, les papyrus des pharaons, et les stelles de marbre gréco-romaines.

Avec l’incroyable boom des smartphones (Selon Gartner, 525 millions d’unités seront vendues en 2010, contre 179 millions en 2009 !) et l’avènement de la Sainte Tablette d’Apple (Gfk prévoit que la firme à la pomme devrait écouler 4 millions d’iPad dès cette année), l’humanité va en effet entrer dans l’ère de l’écran tactile portatif omniprésent. Regardez autour de vous : dans le métro, dans la rue, au bureau, le lecteur de “Libé” ou du “Monde” version papier se fait rare et vieillissant. Bientôt je serai le dernier des Mohicans avec quelques autres membres du club des nostalgiques de la presse old school. Résultat, la diffusion des quotidiens s’effrite inexorablement : encore – 3,9 % en 2009 pour l’ensemble des quotidiens nationaux selon les derniers chiffres de l’OJD, avec des pointes à – 10 % pour certains titres. D’ailleurs depuis que j’ai cédé à la pression du progrès et de la conformité, je feuillette plus distraitement mon canard préféré pour tapoter de plus en plus fréquemment sur l’écran de mon iPhone et faire défiler frénétiquement les news et les liens internet. Car comme d’autres confrères mutants, je suis devenu un TweetJournaliste accro à l’internet en temps réel. C’est ainsi…

Cela fera sans doute de la peine aux amoureux de la chose imprimée, mais cette dématérialisation de l’écrit est un mouvement inéluctable, l’une de ces révolutions technologiques qui pavent magistralement l’Histoire tous les deux ou trois siècles.

Il suffit d’observer le comportement média des moins de trente ans, cette génération de “digital native” a laquelle j’ai consacré ce récent billet : ils ne savent déjà plus ce qu’est un kiosque à journaux, ni un timbre poste et encore moins un fax… Et demain, hypnotisés par la multiplication des écrans, cette incroyable Bibliothèque d’Alexandrie numérique qu’est devenu le Web et cette merveilleuse fluidité du savoir à portée de clic, ils fréquenteront peut-être de moins en moins aussi les librairies. Avant dix ans, dans les pays développés, la chose imprimée deviendra peut-être paradoxalement un produit de luxe, une vitrine réservée à certains journaux élitistes comme “Le Monde” et “Les Echos” qui tireront des éditions limitées à quelques milliers d’exemplaires.

Nul besoin d’être grand clerc pour savoir que les médias diffuseront toute l’info (texte, son, vidéo HD, 3D…) en temps réel sur des terminaux nomades de plus en plus légers et ergonomiques, qui seront comme un prolongement cybernétique de nous même. Cete révolution est déjà en marche sur l’iPhone et les Blackberry. Dans l’édition, idem : le papier sera un jour réservé aux premiers tirages de la rentrée littéraire et aux beaux livres, l’essentiel de la production étant disponible sur les “readers” et autres tablettes numériques… On téléchargera bientôt le dernier opus noir et déjanté de l’immense James Ellroy comme on commande une pizza.Sauf à réserver une belle version reliée vendue trois fois plus cher. C’est inéluctable avec le cyberlibraire Amazon qui pousse pour faire tomber le prix moyen du livre à 9,99 dollars, de la même manière qu’Apple a imposé la chanson à 0,99 cents sur son magasin iTunes.

Car derrière le bel argumentaire “Green” qui monte qui monte“Hou c’est pas bien tout ce formidable gaspillage de papier qui menace le poumon de la Terre que sont nos forêts” - la logique économique de la dématérialisation est bien plus implacable. Imaginez : quand on achète un quotidien 1,30 euros, près de 80 centimes partent en papier, coûts d’impression et de distribution. L’équation est la même pour le livre : 70 % du prix d’un ouvrage sont aujourd’hui captés par la chaîne qui l’amène jusqu’à l’étal du libraire (voir ce joli graphique sur le site du Syndicat national de l’édition) ! En se passant de cette relique millénaire que tend à devenir le papier, les industries de la presse et de l’édition peuvent espérer d’énormes gains de productivité et de belles marges retrouvées…à condition de trouver enfin un modèle économique online. Evidemment, il y aura encore de la casse sociale : des centaines de milliers d’emplois à travers le monde dans l’industrie du papier, l’imprimerie, la presse et l’édition disparaîtront dans les oubliettes du “progrès”.

Ce n’est pas pour rien que le “puissant” syndicat du Livre CGT, qui n’est déjà plus que l’ombre de lui-même, s’accroche à son statut et à ses postes. Un combat désespéré et perdu d’avance qui contribue à plomber les comptes des journaux. Mais c’est ainsi que meurt un vieux métier qui fut longtemps celui de l’aristocratie de la classe ouvrière.

Mais avant de profiter de la dématérialisation, les médias et l’édition devront bien sûr convaincre le consommateur numérique qu’il faut payer pour voir quand la culture de la gratuité est devenu la norme sur internet. Et là pour le moment c’est une autre histoire. Pour la majorité des lecteurs, le kiosque à journaux s’appelle maintenant Google News et il reste pour l’heure totalement gratuit.

La fameuse Tablette iPad d’Apple pourrait contribuer à cette évangélisation, tout comme l’iPod et l’iPhone ont amené des millions de fans de musique à délaisser les sites “peer to peer” et à acheter leur musique en ligne en toute légalité.

La pression mise par Citizen Murdoch et d’autres pourrait aussi changer la donne si la presse parvient à faire front commun contre “le vampire Google” comme l’appelle Rupert : menacés d’un boycott massif de la part des journaux au profit de Bing (Microsoft) ou d’un autre, le géant de l’internet acceptera peut-être un jour de reverser une sorte de “licence globale” à la presse en échange de la mise en ligne de ses articles. Assis sur un tas d’or publicitaire, les maîtres de l’internet seront invités à partager – un tout petit peu – pour que vivent les industries culturelles. Ce ne serait pas scandaleux dans la mesure où ils vivent plutôt grassement des contenus auxquels ils donnent certes accès, mais sans verser un cent pour les produire.

Pour le vieux monde de l’imprimé, il y a en tous cas urgence à se défaire peu à peu de ses derniers oripeaux de papier. Question de survie, plus que d’écologie. Car l’homo numeris d’aujourd’hui en pince bien moins aujourd’hui pour la sève des arbres que pour le flux d’informations qui défile sur l’écran de son smartphone… Google construit d’ailleurs déjà son meilleur monde numérisé sur les ruines de l’imprimé : début 2009, la firme californienne a carrément racheté une usine de pâte à papier au finlandais Stora Enso pour la modique somme de 50 millions de dollars… Pas pour alimenter les rotatives des « Echos » ou fournir les pages du prochain Goncourt. Non, cette fabrique située au milieu des forêts septentrionales de Summa Mile a été rasée pour construire un nouveau « data center » ! L’une de ces fameuses « fermes » de serveurs informatiques que Google essaime aux quatre coins de la planète pour indexer sans relâche la Toile et faire tourner son moteur de recherche à plein régime. C’est ce qui s’appelle avoir le sens du symbole et de l’Histoire avec un grand H. Ce bon vieux Gutenberg doit évidemment se retourner dans sa tombe, mais on n’arrête pas le progrès…

Jean-Christophe Féraud

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#huisclosnet ou la théorie du serpent qui se mord la quéquette http://owni.fr/2010/02/04/huisclosnet-ou-la-theorie-du-serpent-qui-se-mord-la-quequette/ http://owni.fr/2010/02/04/huisclosnet-ou-la-theorie-du-serpent-qui-se-mord-la-quequette/#comments Thu, 04 Feb 2010 15:27:41 +0000 Emgenius http://owni.fr/?p=7666

Ainsi donc, la crème, le gratin, le überpanier de la presse francophone vient de rentrer dans un loft africain situé au beau milieu du Périgord. Ceci afin de prouver que ces oies blanches numériques…. ben pour prouver quoi en fait….

1) option 1: Prouver que la vie c’est trop bien avec Twitter et Facebook et qu’on n’est vraiment que des gens trop négatifs à encore acheter des magazines et des journaux quand il suffirait de quelques réseaux sociaux super informés pour qu’on satisfasse notre boulimie informative…. Mouais j’ai un doute quant à penser que les radios francophones jouent à se tirer une balle dans le pied

2) option 2: Prouver que la vie avec Twitter et facebook c’est super bien, mais que rien ne vaut quand même un bon journaliste qui trie l’info valide ses sources et est capable de fournir une information de qualité LUI. AAAh là je crois que je peux comprendre qui finance cette expérience.

3) Option 3: Nour-Eddine Zidane ça faisait super longtemps qu’il avait envie de voir son pote belge alors il a monté un gros pipeau avec quelques potes pour s’enfermer dans un gîte à la cambrousse à fumer des clopes et boire des glutes. Et même tiens chiche, qu’on est capables de se faire rembourser le TGV de David Abiker…. Moi c’est le postulat qui me convainc le plus.

Parce que sérieusement…. Comme l’a très bien résumé Damien Van Achter (que je léchouille langoureusement ici) on ne peut pas parler de “Twitter” et “Facebook” comme de médias à part entière. Ce sont des vecteurs de médias. C’est ce constat de base, compris de tout twittonaute, qui semble avoir fait défaut aux promoteurs de l’émission très très médiatisée (en gros c’est la ferme de TF1 à la sauce Radio francophone)

Je ne comprends pas à quoi sert ce genre d’expérience. Finir la semaine au pays des oies  en déduisant “le net c’est bien mais c’est brouillon, heureusement qu’il y a des journalistes pour dépiauter l’actualité” a un côté “rétro” qui me choque. (quoique si on me paie une semaine à Péta avec ma famille je dois pouvoir arriver à la même conclusion). C’est le genre d’analyse qui conduit à la duplication perpétuelle des mêmes modèles de communication, motive le pré-carré de la presse payante dite “sérieuse” face aux internautes tocards, et permet d’éviter de se poser n’importe quelle question liée à la valeur du travail du journaliste dans le monde futur ou de l’intérêt même de l’organe de presse face à une montée éventuelle des “identités référentes et crédibles”. Quoi? tu doutes lecteur? tu penses que les journalistes enfermés n’ont pas ces “basses” motivations? Je te le prouve. Avec l’esprit provoc qui me caractérise, j’ai balancé à Nour-Eddine  en réponse à une question qu’il se posait suite au bruit consécutif au BOUM de Lille qu’il suffisait de relayer un bruit et que de toutes façons les journaleux, qui sont avertis par le même bruit, font ensuite le tri… pour me retrouver cité dans la chronique du journaliste, que par ailleurs je salue. C’était trop trop simple de manipuler un journaliste… il suffit de lui dire ce qu’il veut entendre ;-)

Alors oui c bien mais il en pense quoi l’Emgenius.

Ben plusieurs choses:

- 1/ que tout le monde entend parler de Twitter et facebook grâce à ce genre d’initiative.

Maintenant, avec le battage sur ces deux noms, genre même les têtes grises qui écoutent Stéphane Bern associeront nouvel internet à Twitter et Facebook. Quelque part c’est bien. Et c’est pas bien. C’est bien parce que maintenant tu peux dire en entretien d’embauche “oui je maîtrise les techniques de la gestion de communauté et d’information sur les réseaux facebook et Twitter” et comme il n’y a encore ni école, ni métrique; pour peu que tu te touches le menton en même temps avec un air salace, tu peux attraper un poste de community manager chez Areva. Qu’importe si tu es bon ou mauvais, efficace ou pas. Personne ne comprend encore vraiment le bénéfice qu’il y a à en retirer, tout le monde comprend qu’il “faut y être” ne fut-ce que pour pas apparaître plus ringard que les radios francophones ou que son voisin et pour avoir l’air d’une marque de jeune.

- 2/ qu’il y a encore un sacré boulot de pédagogie à faire dans les rédacs.

a) Euh les gars… personne ne se contente de Twitter et facebook pour l’analyse de l’info. A ce compte, Johnny Depp serait mort plusieurs années consécutives dans un accident de la route, parallèle à une explosion de Lille provoquée par Sim qui n’est pas mort lui dans l’incident; puisqu’il a été vu bras dessus bras dessous avec Michael Jackson dans une ruelle de Nancy.

b) Oui pourtant, au vu notamment des chroniques que j’entend de vous 5 sur les chaînes partenaires, vous arrivez à avoir une vue plus ou moins identique à nous autres, lambdas, qui arpentons le web et mangeons vos JT… ou qui lisons 20minutes dans le métro et regardons Morandini sur Direct8 (citer Morandini c’est bien, parce que ça énerve un journaliste en général). En fait on aurait du vous priver de smartphone, de journaux et de potes sur Twitter… Là ils auraient vu les internautes que c’est dur de trier une information…)

=> Monsieur Michu à la limite… il s’en tamponne de savoir si L’INFO elle provient d’un torchon pondu par des non journalistes sous payés, des blogueurs asservis, des lobbyistes patentés ou du cerveau d’un SciencePo maniaque de la plume. Et comme vous venez de le constater, ils arrivent à suivre “le fil d’info du monde”

=> La mission des médias dits “sérieux” avec pignon sur avenue ne devrait du coup plus être l’iINFORMATION (pour ça on peut s’en sortir tout seul ou avec des publireportages) mais bien le traitement de l’information, son ANALYSE, son déchiffrement, ses dossiers de fond, ses arcanes, ses coulisses se méandres. Or et c’est là un débat qu’on évoque assez peu dans vos expériences… les médias n’ont plus ou pas le temps de se prêter à ce genre d’analyse. Oui je sais ça fait mal à entendre. N’ont plus le temps, l’économie ou l’envie de garder un langage expert qui épaterait les bouffeurs de dépêches sous payés par les “Gratuits” autant que le Retwitter fou d’info au kilomètre. Quoi? #Merilestfou es-tu prêt à te dire… Pourtant j’affirme ce que je dis. Je me souviens avoir lu que la reine Fabiola était décédée, parce que l’agence Belga l’avait dit dans les dépêches… CQFD. Non? Essaye encore. Il est un domaine que je connais bien, puisqu’il m’emploie depuis près de 10 ans: la téléphonie mobile. Quand il m’arrive de lire un journal officiel évoquant une nouvelle technologie mobile ou high tech… je me surprend souvent à me dire que franchement le journaliste derrière n’a pas du avoir beaucoup de temps pour pondre son papier, pour se documenter, vulgariser. Et que pour un Walt Mossberg ou une Marie-Christine Beuth, il y a un paquet de gratte-papier qui sont eclipsés par des billets de qualité, spécialisés, produits par des blogueurs émérites, sur le sujet. A titre d’illustration on pourrait citer les multiples articles pro-Ipad lus récemment dans la presse (prompte à bénir un appareil qui propose un modèle économique pour la presse) écrits par des journalistes adeptes du POMME Q. Sérieusement j’ai lu bien plus d’analyse, de prospective, de réflexion pondérée sur moult blogs sérieux.

c) vous opposez perpétuellement Internet vs Journalistes comme s’il s’agissait de deux mondes imperméables… Or… C’est loin d’être le cas. Je n’ai pas encore lu d’étude qui en parle, mais je suis prêt à parier que dans la portion congrue de personnes qui produisent du contenu pour “le web” à destination de cette masse consommatrice que représente le reste du monde connecté: il y a un paquet de pigistes, de red chefs, de spécialistes des médias. Pour un Henry Michel combien d’Alex Hervaud?  On ne se refait pas. Quand on a décidé d’écrire pour vivre, c’est en général une passion qui devient un métier. On est d’abord communiquant avant de devenir journaliste. Du coup, à moins d’interdire à tout journaliste en exercice de produire des blogs persos, de travailler sous un pseudo sur le net… Il y aura toujours de Internautes infiltrés dans le monde des Journalistes (ça fait très CIA ma démonstration). Berk c’est sale.

Et que plutôt que de lutter, il vaut mieux non seulement s’en servir mais utiliser à la fois comme source à vérifier pour la remontée de dépèche avant la dépèche mais aussi comme méthode, technologie, outil de médias plus’ en prise avec le monde dans lequel ils vivent, plus globaux, plus réactifs et proches des “jeunes”. Pour illustrer mon propos par un a contrario je me permets de citer en me gaussant de l’expérience Fillon vs Twitter menée récemment par Europe 1 où le premier ministre n’a pas répondu à une seule question remontée par le hashtag # spontané des internautes et à privilégié un Twitter en mode cénacle fermé (arf un comble) de Twitterers influents > Pour la compréhension et la logique de l’outil participatif on repassera.

- 3/ Que les journalistes n’ont pas encore compris qu’ils n’ont pas forcément besoin de rédaction

Pour ne froisser personne… prenons un exemple à l’étranger et recitons Walt Mossberg. Depuis ‘91 il tient un deux colonnes dans le très sérieux Wall Street journal. Il est le geek de la boîte. Celui qu’on envoie faire du bisou à Sergeï Brin et avec qui Steve Jobs fait des paris sur le prix de l’iPad. Il est vieux, dégarni barbu et pertinent. Quand il apparaît quelque part, pas besoin de carte de presse: c’est Walt Mossberg. Pas Walt Mossberg du Wall Street Journal. Non. Juste Walt Mossberg. Le Walt Mossberg. Tu doutes? Tu penses que son affiliation à WSJ l’aide énormément. Ok je sors mon atout Robert Scoble l’évangeliste. Idem que Walt. Mais lui en plus il part avec le handicap d’avoir commencé en qualité d’employé de Microsoft… CQFD.

Si demain Walt Mossberg se mettait à bosser rémunéré par une boisson gazeuse ou si sa casquette se retrouvait typée d’un Swoosh… son avis serait-il moins pertinent sur la technologie? Colette Braeckman parlerait-elle moins bien de l’Afrique si elle quittait le Soir pour un portail citoyen payé par la publicité? Si elle vivait de conférences?

Puisqu’aujourd’hui le monde moderne a porté la people-isation à l’outrance, puisque les journaux sont devenus des “marques” et qu’on lit le Monde parce que c’est un gage de sérieux comme on lit Libération pour éviter de porter la même écharpe que Barbier qui nous va moins bien au teint (l’écharpe, pas Barbier), il est temps peut-être de penser à “people-iser” les spécialistes. De les transformer en marques personnelles communicantes sur un de leurs sujets de prédilection. De renverser les modèles économiques. C’est le Soir qui achèterait du Braeckman pour s’assurer un lectorat, c’est Loïc le Meur qui payerait une prestation à Presse-citron.net qui fait l’honneur de sa présence à Le Web. etc. etc.

Ne m’avancez pas l’argument du “oui mais alors ils seront à la solde des gens qui les paient” je vous répondrais qu’entre suvbvention publique et page de pub dans les Inrocks… jusque là personne ne s’est plaint. Puis je crois qu’un article sponsorisé se découvrira plus rapidement (cf. l’affaire Gonzague Dambricourt à la sortie de la websérie je sais plus quoi) qu’une personne sponsorisée pour faire l’article qu’il veut. Et si tu me crois pas…c’est le même prix.  On ne paierait plus un journaliste pour son papier dans un journal ou sur un média. Mais on paierait un journaliste pour son papier dans n’importe quel support + son image d’expert d’un sujet ou d’une façon de faire + sa présence qui apporte une valeur ajoutée à un produit ou un événement + la communication qu’il fait autour de son commanditaire ou du support pour lequel il travaille.

Oui certes, tous les journalistes n’auront pas valeur d’expert. Toutes les niches ne paieront pas. L’ancien modèle économique lectorat acheteur+publicité+subventions publiques sera encore l’usage pour les sujets à moins forte valeur marchande…

Il n’empêche qu’en tant que journaliste, je m’efforcerais de devenir spécialiste de mon sujet, et de mon image de marque sur le sujet. Pour qu’on dépasse la question du “journaliste = mieux qu’internet” pour arriver à “journaliste = se sert d’internet en source et en source de revenu personnel”. Le débat deviendra plutôt alors

“groupes Médias vs Journalistes, qui est le plus fort” ou “Vincent Glad vs Henry Michel, c’est qui qui fait le plus de pages vues? Lequel des deux nous garantit le meilleur lectorat et de vente d’encart pub dans la version papier?”

J’arrête. je vous épuise comme d’hab… Et je suis épuisé

Denis – Emgenius

» Article initialement publié sur emgenius.owni.fr

» Illustration de page d’accueil par tantek sur Flickr

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Ingénieries de la sérendipité http://owni.fr/2010/02/04/ingenieries-de-la-serendipite/ http://owni.fr/2010/02/04/ingenieries-de-la-serendipite/#comments Thu, 04 Feb 2010 10:11:51 +0000 Olivier Ertzscheid http://owni.fr/?p=7639

AU COMMENCEMENT …

Cela ressemble à de la sérendipité, ça à la goût de la sérendipité … mais ce n’est pas nécessairement de la sérendipité. Historiquement, c’est Google qui fut le premier moteur de recherche à instrumentaliser un processus de fortuité, via le bouton “Feeling Lucky” (lequel n’a d’ailleurs rien à voir avec une quelconque sérendipité littérale, puisque ledit bouton se contente de vous amener sur le premier résultat renvoyé par le moteur de recherche). Comme nous l’expliquions en détail dans ce remarquable article co-écrit avec mes excellents collègues (:-), ce bouton est avant tout un argument marketing et un élément fondateur de la sémiotique Googléenne.

1998 : Sérendipité année zéro. Bref, depuis Google, et avec l’arrivée du web contributif, la sérendipité est aujourd’hui partout réellement présente et systématiquement agissante. Mais cette capacité à trouver de nouveaux amis en ligne, ces liens passionnants qui semblent surgir aléatoirement au détour d’un raccourcisseur d’URL sur Twitter sont-ils réellement de la sérendipité en action ? Voici quelques-unes des questions auxquelles ce billet va tenter d’apporter des réponses (ah ben tiens, je crois que c’est la 1ère fois que je fais une vraie introduction dans un billet :-)

Basiquement, la sérendipité désigne la capacité à trouver des informations qui n’étaient pas celles que l’on recherchait initialement mais qui vont cependant s’avérer utile pour résoudre le problème ou la question à l’origine de notre recherche, ou d’une recherche/d’un problème antérieur.

Sérendipité et SIC. Avant que je ne me ré-attaque au problème avec mes gentils camarades, c’est le vénérable Jacques Perriault qui avait (ré)introduit la notion de sérendipité dans le corpus des SIC (sciences de l’information et de la communication … enfin, plus souvent de la communication que de l’information, mais ceci est un autre débat …). Jacques Perriault donc, au tout début des années 2000, avec ce texte in fine ô combien programmatique : “Effet diligence, effet serendip et autres défis pour les sciences de l’information“.

Dans notre approche (celle de mes petits camarades et de moi-même), la sérendipité est un concept moteur pour penser à la fois les stratégies (machiniques) à l’oeuvre derrière l’infinité de l’arbre des possibles navigations du Web (comportements), ainsi que les stratégies mémorielles à court et moyen terme présidant à nos activités de recherche et d’accès à l’information (aspect cognitif). Soit la très sainte trinité suivante : machine – cognition – comportements (usages) qui conditionne tout un tas de choses, dont la sériation des différents phénomènes de sérendipité. Si la littérature francophone sur la sérendipité est relativement maigre, le concept est en revanche depuis longtemps très développé outre-atlantique, notamment, depuis la fin des années 60 dans les travaux d’Eugène Garfield, “père fondateur” de la bibliométrie qui développe le concept de “systematic serendipity” (notamment dans cet article “Systematic serendipity : Finding the Undiscovered Answers to Science Questions” .pdf).

Notons qu’il est à première vue assez paradoxal de retrouver l’essentiel de la littérature scientifique sur la sérendipité dans un champ disciplinaire – les études bibliométriques et scientométriques – qui a pour objectif de ramener dans la rationalité de modèles mathématiques tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à de l’aléatoire et à du fortuit :-)

Sérendipité illustrée. La sérendipité dispose donc aujourd’hui de ses colloques, de ses théoriciens et historiens, de sa très sérieuse revue scientifique éponyme, de ses projets de recherche éponymes reposant sur la valeur prédictive d’icelle, de sa courbe mathématique, ses pédagogues éclairés (allez dévorer l’article de Patrick Pecatte : “Heuristique et Sérendipité : un exemple en images.“). Ou d’une sérendipité, l’autre.

Im-feeling-luckySerendip

Ayant déjà largement glosé sur la première de ces images (, , , mais aussi par là), la seconde image (découverte fortuitement ici grâce à la fréquentation – cette fois non-fortuite – de ce monsieur là) m’a semblé parfaitement illustrer la manière dont les SIC se doivent d’approcher la sérendipité. C’est à dire sans se priver d’un cadre anthropologique global mais en se focalisant sur les “artefacts” de la sérendipité.

CHAPITRE PREMIER / De la mécanique du rebond à la dynamique du surgissement : sérendipitéS.


Dans un ancien billet (Nov. 2005), je m’efforçais en ces termes de décrire l’évolution de nos modes de navigation :

» “les développements du (web 2.0 + Social software + RSS) nous emmèneraient vers un “troisième âge” de la navigation : après le browsing et le searching voici venu le temps du “subscribing”**. On ne navigue plus, on ne recherche plus, on s’abonne, on “souscrit”. Notons d’ailleurs que l’étymologie de ce dernier vocable est intéressante : “souscrire”, “sub-scribere”, littéralement “écrire en dessous”, à moins qu’il ne s’agisse d’écriture “sous autorité” : en agrégeant les discours écrits ou postés par d’autres, on est, de facto, placé “sous” une “autorité” qui n’est plus notre.
Car comment faire autrement que de “souscrire” à ces contenus qui ne sont plus “inscrits” ?

**Je vous épargne le Wilfing ou naviguerrance ou plus prosaïquement cyberglandouille.

Corrélons maintenant la hiérarchie précédente (Browsing => Searching => Subscribing) à une autre typologie :

» Désintermédiation : au “browsing” (littéralement “feuilletage”), correspond une logique de type “Watching” : je regarde, surveille, inspecte et parfois découvre de l’information, des contenus avec comme seuls fils conducteurs ceux de mon propre intérêt (= “je suis à la recherche de quelques chose”) et des stratégies cognitives que je suis capable de mettre en place au cours de ladite navigation

» Médiation : au “searching” (littéralement “recherche”), correspond une autre logique, en rupture complète avec la précédente, qui est celle du “matching”, c’est à dire de l’adéquation entre un ou plusieurs termes (ceux de ma recherche) et une ou plusieurs pages de contenus. Il y a donc, dans ce cas, recours explicite à une médiation machinique (celle des moteurs “prescripteurs”, l’algorithmie de ces derniers devenant le fil conducteur presqu’exclusif de mes pérégrinations sur le web)

» Ré-intermédiation : enfin, au “subscribing”, à cette souscription désormais si fréquente (grâce aux ingénieries spécifiques du web contributif, fils RSS notamment), correspond une dernière logique, là encore en rupture avec les précédentes, celle de ce que l’on pourrait qualifier de “floating” (littéralement “flottement”), une navigation flottante, c’est à dire non-orientée, ni par l’adéquation entre un besoin exprimé et des contenus y répondant (“searching”), ni par un parcours volontariste de recherche (“browsing”). Une navigation flottante s’appuyant sur les seuls remous de la houle des signalements effectués par d’autres, et avec comme seule cardinalité, comme seul “horizon” de navigation, le fait que j’aie (ou non) à un moment donné fait le choix d’agréger ces “autres” au sein de mon panoptique personnel**

(** par “panoptique personnel” comprendre ici l’ensemble des outils fonctionnant comme autant de tableaux de bords quotidiens nous permettant de nous informer du monde comme il va : Twitter, Facebook et mon agrégateur RSS sont ainsi les 3 composantes de base de mon panoptique personnel)
La boucle (si fréquente dans les SIC) permettant de passer d’un dispositif désintermédié (= sans intermédiaires) à un dispositif réintermédié (= incluant de nouvelles médiations, de nouveaux médiateurs) permet de caractériser, au sein du processus même de sérendipité, un changement de nature important : la logique du rebond, propre aux deux premières étapes, s’efface pour laisser place à une dynamique du surgissement, dont l’efficacité – réelle – n’en demeure pas moins entièrement conditionnée à nos choix initiaux (réagencés en permanence) des contenus ou des personnes agrégées dans notre panoptique personnel.

Soit l’occasion de reposer l’éternelle question de la poule et de l’oeuf :

» la pertinence (objective dans un contexte donné) de nos navigations aléatoires est-elle la conséquence de nos choix (subjectifs) initiaux en termes de réseaux d’affiliation et de souscription ?

» ou bien en est-elle la cause, c’est à dire bâtissons-nous nos réseaux d’affiliation et de souscription en fonction de la pertinence (subjective) des contenus pertinents (objectivables) que d’autres proposent à des communautés déjà constituées ?

Comme le disait Fox Mulder, autre éminent chercheur en SIC, “la vérité est ailleurs“, et probablement entre les deux. Une chose reste certaine, toute réintermédiation – a fortiori ouverte et/ou participative -  entraîne nécessairement et mécaniquement une part d’aléatoire, de sérendipité, et – pour autant que l’on soit convaincu de l’apport de cette part d’aléatoire – on serait assez bien inspiré de cesser de craindre les profondes et hétérogènes réintermédiations qui se pointent à l’horizon de l’édition, de la presse (et la presse en ligne), de la chaîne du livre, etc … pour au contraire s’en réjouir et accélérer d’autant les désintermédiations en cours comme autant de préalables parfois un peu douloureux mais pourtant si nécessaires et si urgents …

La “sérendipité contrôlée” de Madame Popova : “ça c’est kloug, Mme Popova. Pas sérendipité.” Un récent article des blogs du NYTimes parle de “sérendipité contrôlée” pour désigner je cite, ces personnes qui “filtrent des liens intéressants à destination de centaines d’inconnus pour épancher leur soif de curiosité“, citant l’exemple de Madame Popova :

» “Mrs. Popova uses a meticulously curated feed of Web sites and Twitter followers to find each day’s pot of gold. She said, “I scour it all, hence the serendipity. It’s essentially ‘metacuration’ — curating the backbone, but letting its tentacles move freely. That’s the best formula for content discovery, I find.” Ce qui donnerait à peu près ceci : “méticuleuse dans ses choix de fils RSS et d’amis sur Twitter – ce qui lui permet de découvrir chaque jour une nouvelle mine d’or. ‘J’épluche tout, dit-elle, d’où les heureux hasards. Il s’agit essentiellement d’un “méta-réseau” – organiser le coeur du réseau informatique, mais en laissant ses tentacules libres de tout mouvement. Je trouve que c’est le meilleur moyen de faire des trouvailles.” (Merci Suzanne et Audrey pour la traduction simultanée … si vous avez mieux, les commentaires sont ouverts …)

De fait, il n’y a ni contrôle, ni aléatoire dans le processus décrit dans ce billet du NYTimes. Juste des processus de filtrage en amont (les liens choisis par Mme Popova), et en aval (les Followers décidant de suivre le compte de Mme Popova). Si sérendipité il y a, il faut alors la chercher dans le pourcentage de chances qu’un individu X s’intéressant grosso modo aux mêmes thèmes que Mme Popova découvre son compte et s’y abonne. Mais cela est encore un autre processus … sur lequel nous reviendrons plus tard.

Ne pas confondre participatif et contributif. Notons simplement que si les outils changent, les modalités et typologies de la participation sur le web contributif ne varient guère : la distinction entre les suiveurs et les suivis sur Twitter, entre ceux qui signalent beaucoup dans différents domaines et ceux qui signalent un peu moins mais de manière plus qualifiée ou plus thématique renvoie à l’ancienne dichotomie entre Linkers et Publishers au début de l’essor de la blogosphère. La règle wikipédienne d’une immense majorité de commentateurs et d’un très petit nombre de rédacteurs, se décline également sur Twitter comme elle se déclinait encore hier sur la blogosphère. Bref, beaucoup les gens participent beaucoup (ils “suivent” sur Twitter, corrigent sur Wikipédia, agrègent ou commentent sur les blogs), mais peu de gens contribuent réellement (en produisant ou signalant des contenus originaux). Tout cela pour dire que la seule production et/ou diffusion de contenus à des communautés non-constituées ou très largement éparses et aléatoires, ne peut suffire à parler de sérendipité, a fortiori de sérendipité contrôlée … ou non-contrôlée.

La sérendipité chez les Jivaros : à propos des réducteurs d’URL. Le témoin emblématique de cette logique du surgissement est tout entier contenu dans l’affichage des URL réduites sur Twitter : à part quelques hashtags (mot-clés) eux-mêmes souvent délibéremment aléatoires, rien ne m’indique la nature réelle de la cible desdits liens dans une adresse du type : “http://bit.ly/Tdki5af”. Rien sinon le fait qu’ils émanent de l’un des prescripteurs que j’aurai choisi (et auquel j’aurai donc souscris), ou qu’ils bénéficient déjà d’une large boucle d’écho (= qu’ils sont déjà largement repris sous forme de RT – retweet – par d’autres contributeurs). Notons d’ailleurs de manière tout à fait empirique (rien de scientifique dans cette observation) que nombre d’utilisateurs de Twitter synchronisent leurs Tweets avec leur compte Facebook (et réciproquement) : une info pourra donc ainsi bénéficier d’une boucle d’écho internalisée (publiée ET reprise sur Twitter) ou externalisée (publiée sur Twitter et reprise sur Facebook par exemple).

Nouvelle(s) infobésité(s) ou échec du filtrage ? Telle est l’une des questions soulevées par Clay Shirky dans l’une de ses interventions (“Information overload versus filter failure” / Sept. 2008). S’inscrire à ces outils du web contributif implique, pour pouvoir profiter à plein de leur potentiel de “recommandation”, de sérendipité, s’inscrire à ces outils disais-je, implique – sous peine de s’effondrer sous le poids d’une infobésité galopante – de gérer très précautionneusement le potentiel de surgissement des mêmes outils, à savoir :

» isoler, en amont, les prescripteurs, les “‘autorités”, le “collège invisible” auxquels ou pourra accorder une confiance sinon aveugle, du moins sans grand risque de voir celle-ci déçue.
» et/ou jouer sur les fonctionnalités de “liste” et autres dispositifs de filtrage interne dont ils disposent (mais cela est nettement moins efficace que le point précédent)
» s’appuyer sur les filtres que d’autres ont déjà mis en place sur des thématiques ou des centres d’intérêt proches des miens (= suivre les personnes suivies par ceux qui je suis moi-même)
» bref … réapprendre à faire avec Twitter et les réseaux sociaux ce que l’on avait mis quelques années à apprendre à faire avec les blogs.

L’infobésité n’a pas changé de nature ni d’amplitude, elle a simplement contaminé de nouveaux outils, emprunté de nouveaux vecteurs. Et la sérendipité avec elle.
Bien plus que le nombre de contributeurs ou de producteurs d’informations, bien plus ques gigantesques écarts d’échelle entre le nombre d’emetteurs et le nombre de récepteurs, c’est la nature pervasive du web social qui est le principal facteur de l’accroissement – réel – de la sérendipité et de son corollaire, l’accroissement – supposé ou ressenti – du phénomène d’infobésité.

CHAPITRE SECOND / Quelles ingénieries pour la sérendipité ?


De fait, à observer et analyser un grand nombre de manifestations de la sérendipité dans les différents outils de recherche ou d’accès à l’information, la seule ingénierie manifeste est d’ordre relationnelle : soit en jouant sur le graphe – relationnel – d’un certain nombre d’éléments (les pages web par exemple) pour en faire remonter certains de manière plus ou moins aléatoire, soit – et c’est là le point le plus intéressant – en s’appuyant sur les recommandations ou signalements de notre réseau relationnel (ce qui est le principe même d’un site comme twitter). Ces ingénieries relationnelles peuvent alors se scinder en deux groupes :

» ingénieries relationnelles machiniques.
» ingénieries relationnelles humaines.

Remarque : Ingénieries que d’autres (Dominique Cardon en l’occurrence), interrogent d’un point de vue plus sociologique et identitaire.
Ces deux groupes peuvent eux-mêmes se resituer dans trois grands âges de la sérendipité sur le web.

Les trois âges de la sérendipité sur le web.

» L’âge de pierre. Celui des premières pages web. Des premiers liens hypertextes codés en HTML et pour lesquels bien souvent l’ancre de départ ne laissait en rien présager la nature de la page sur laquelle on allait arriver …

» L’âge de fer. Celui de l’arrivée des machines, moteurs de recherche en tête, qui se font le relai tantôt revendiqué tantôt accidentel de phénomènes de sérendipité dans le couple alliant nos requêtes et nos navigations.

» L’âge d’or. Celui des réseaux sociaux au sens large, c’est à dire de la possibilité offerte de faire du conseil de nos proches un calcul, une “computation” comme les autres.

Le côté obscur de la sérendipité : Ingénieries relationnelles machiniques.

Elles relèvent uniquement du truquage : Les 5 exemples suivants en sont l’illustration sinon la preuve.

» Marketing Ornemental : le bouton “feeling lucky” de Google. Qui permet en fait d’escamoter la page de résultats pour directement boucler sur le site apparaissant en tête de ladite page,

» Ingénierie relationnelle : le FriendFinder de Facebook. Il s’agit de l’application coeur de Facebook, qui fait remonter des “amis” possibles en fonction des connexions déjà existantes sur le mode “les amis de mes amis sont – potentiellement – mes amis”. Ce qui en a l’apparence mais qui ne relève définitivement pas de la sérendipité. Simple ingénierie relationnelle. Mais – et c’est là toute l’habileté du dispositif – un effet de surgissement qui prend le masque de l’inattendu, du fortuit pour mieux séduire et amener l’usager exactement là où il (facebook) le souhaite : c’est à dire à enrichir son réseau relationnel pour mieux pouvoir le monétiser en créant une dépendance à ce service de “mise en relation”

» Ciblage comportemental industriel : les recommandations d’Amazon. Les recommandations de sites marchands comme Amazon sont avant tout du marketing industriel (ne reposant en tout état de cause que sur le profil des achats ou des consultations précédentes et sur l’organisation par thématique et par genre du site, quand elle ne sont pas simplement bidonnées … pour plus de détails et d’explications, se reporter à cet excellent diaporama ;-) “Les industries de la recommandation sont-elles recommandables ?“)

» Sérendipité embarquée (embedded serendipity) ou le packaging inversé : technique spécifique aux sites de vidéos permettant d’encapsuler, à la fin de la vidéo visionnée, d’autres séquences vidéo supposément “en rapport” avec la vidéo initiale. Soit l’inverse du packaging puisque c’est cette fois
après avoir utilisé (visionné) le produit que l’on vous suggère d’en acheter (visionner) d’autres. Là encore il s’agit d’une intervention machinique qui ne doit pas grand chose à l’aléatoire même si elle est encore, et de loin, la moins bien contrôlée par ceux qui la mettent en oeuvre … qui n’a jamais été surpris à la fin du visionnage d’une vidéo de voir s’afficher d’autres vidéos pas franchement “en rapport” avec la vidéo initiale ? Ce qui explique que les sites hôtes travaillent d’arrache-pied à mettre en place des mécanismes pour mieux “contrôler” cette sérendipité embarquée.

» l’anti-sérendipité ou la sérendipité suggérée : représentée par les fonctions du type “suggest” sur les moteurs de recherche. C’est à dire les suggestions en cours de frappe. Là encore, force est de constater que l’aléatoire n’a qu’une part très relative puisque les requêtes ainsi “suggérées” sont celles les plus saisies par les internautes. On est donc davantage dans l’affichage d’une dynamique de “mainstream” que dans la recherche d’un surgissement aléatoire authentique. On ne cherche pas à suggérer à l’usager des pistes nouvelles ou a priori déconnectées de sa recherche initiale, on lui suggère les pistes les plus explorées, les sentiers les plus rebattus.

Ce sont là les industries de la recommandation à leur apogée, maximisant leur capacité à capter l’attention dans un écosystème clôt. Sauf dans le cas particulier de Google (pour des raisons évidentes liées à la nature même du moteur de recherche), tous les effets de rebond résultant de cette sérendipité se font à l’intérieur du site vecteur de sérendipité.

A noter également : si l’on croule sous les articles à la gloire de la sérendipité à propos de tout et de n’importe quoi (“sérendipité et DRH”, “marketing et sérendipité”, “culture de la pomme de terre et sérendipité”), on peine en revanche à trouver quelques sons de voix discordants. D’où l’intérêt de cet article du NYTimes : “Serendipity : Lost in the Digital Deluge“, qui pointe le danger d’une uniformisation des pratiques (“We are discovering what everyone else is learning, and usually from people we have selected because they share our tastes.“) au travers de la massification des accès et l’incapacité du numérique à rivaliser avec le monde réel sur le terrain de la sérendipité (prenant l’exemple du passant que l’on croise en train de lire un bouquin – et nous d’être surpris et attiré par ledit titre, association fortuite impossible si l’on croise quelqu’un en train de bouquiner sur un reader sony …). L’exemple me semble assez mal choisi mais, et les 5 ingénieries relationnelles machiniques décrites ci-dessus l’illustrent, il y a un risque réel d’affaiblissement de la fortuité derrière des pratiques et des ingénieries en fait de plus en plus normées et laissant le moins de place possible à l’aléatoire s’il n’est pas entièrement tourné vers le marketing et la publicité comportementale.

Heureusement il y a findus les ingénieries relationnelles humaines.

Le retour du Jedi : Ingénieries relationnelles humaines.

Si, pour les précédentes (ingénieries relationnelles machiniques), c’était l’intériorité qui primait (le système ne renvoyant qu’à lui-même ou à des sites tiers sous son contrôle), les secondes (ingénieries relationnelles humaines) peuvent d’abord se caractériser par leur extériorité. Leur principe même est de permettre de s’affranchir d’un espace de navigation dédié (tel site, tel réseau social) pour offrir au “taux de rebond” de la sérendipité une amplitude maximale.
L’étau du rebond. Plus précisément, là où le taux de rebond est – en terme de référencement, de marketing et de SEO – une métrique qu’il faut s’efforcer de contenir à la baisse, on pourrait définir la sérendipité instrumentalisée (c’est à dire mise en place à dessein) comme “l’ensemble des techniques permettant, pour un individu, un site ou un écosystème de marque/produit, de pousser au maximum leur taux de rebond”.

Pour donner leur plein rendement, les ingénieries relationnelles humaines de la sérendipité ont besoin d’exister, sinon dans une obscurité, du moins dans un relatif clair-obscur numérique. A ce titre, l’hétérarchie de Twitter, son système à contrainte (140 caractères ne permettant généralement pas de caractériser suffisamment une information ou un signalement), l’opacité totale (au sens d’indéchiffrabilité) de ses URL raccourcies, et sa réticence à injecter du sens (de la hiérarchie) dans les relations “suivis-suiveurs” (following / followers), en font l’outil paradigmatique d’une sérendipité “primitive”.

On résume un peu ?

D’abord, la sérendipité “réelle”, telle que théorisée par Merton, trouve de moins en moins sa place dans le monde numérique. Twitter est, pour l’instant, la seule exception semblant confirmer cette règle. Ensuite, les ingénieries de la sérendipité sont en plein essor et tendent à structurer et à légitimer une “économie de la sérendipité” pour reprendre l’expression de Didier Durand. En d’autres termes …

» (temps 1) la stochastique initiale du web a progressivement fait place nette a une hiérarchisation organique, mise en mémoire et en accès par les moteurs de recherche.

» (temps 2) L’essor du web contributif a ensuite permis de dépasser et de transgresser littéralement cette hiérarchisation monolithique (et monopolistique) en y réinjectant de l’humain et du social, bref, de l’aléatoire.

» (temps 3) Par le biais de différentes fusions et/ou acquisitions (delicious pour Yahoo, Youtube pour Google, essor des entrepôts géants Amazon-like, etc …), certains des mécanismes aléatoires liés à l’humain sont devenus “calculables”, programmables, donnant alors naissance aux industries de la recommandation (cf ci-dessus le côté obscur de la sérendipité), revêtant ainsi des atours séduisants de l’aléatoire et du surgissement ce qui demeure pourtant très trivialement l’exploitation systématique (mais pour autant ingénieuse) d’une gigantesque base de donnée relationnelle.

Le moteur social, c’est comme la voiture électrique : ce sont les constructeurs qui décident. Pas les consommateurs, ni les technologies. Car le moteur social, qui semblait pourtant si prometteur à l’été 2005, n’existe toujours pas en 2010, et ce malgré les récentes annonces (Juillet 2009) de Google en la matière. Pour autant, l’ensemble des moteurs de premier plan se sont, chacun à leur manière, “socialisés”, en partie le biais des options de personnalisation, en partie grâce à l’interpénétration des différents outils de leurs écosystèmes, en partie grâce aux techniques de data-mining transférées dans l’immensité du web des données. Soit l’asservissement à une algorithmie de plus en plus englobante, de plus en plus “impliquante” du potentiel de fortuité des recommandations sociales telles qu’elles transparaissent dans les outils-supports de leurs médiations (ce qui n’est déjà pas si mal, je vous l’accorde).

“La sérendipité est comme une pertinence seconde.” Je laisse la conclusion de ce billet à André Gunthert, interviewé par Hubert Guillaud sur InternetActu :

  • Sur Youtube, il y a toujours une réponse. La sérendipité est comme une pertinence seconde, qui vient se substituer à la réponse exacte.

J’ajoute simplement, en paraphrasant Mallarmé, que la question est peut-être aujourd’hui de savoir si “Un coup de sérendipité, jamais, n’abolira la pertinence.” Ou pas. J’ajoute aussi que si “la sérendipité est une pertinence seconde“, et que si elle “se substitue à la réponse exacte“, ce n’est pas seulement lié au fait qu’il y ait “toujours une réponse“, mais – à mon avis – au moins autant à l’importance que les ingénieries de l’aléatoire occupent aujourd’hui dans le développement de l’écosystème des outils de recherche et d’accès à l’information. J’ajoute enfin qu’il serait intéressant de mener une étude sur la pregnance cognitive de cet état de fait dans les comportements de requêtage et de navigation des usagers (pour voir dans quelle mesure ils “intègrent” ou “rejettent” cet habitus).

» Article initialement publié sur affordance

» Photo d’illustration par jef safi (‘pictosophizing) sur Flickr
]]> http://owni.fr/2010/02/04/ingenieries-de-la-serendipite/feed/ 3 Êtes-vous multitâches ? Si oui, attention ! http://owni.fr/2010/02/03/etes-vous-multitaches-si-oui-attention/ http://owni.fr/2010/02/03/etes-vous-multitaches-si-oui-attention/#comments Wed, 03 Feb 2010 09:41:52 +0000 Pierre Fraser http://owni.fr/?p=7604 (Extrait de mon prochain livre «Tendances – Savoir les décrypter pour en tirer profit», © Pierre Fraser, 2010)

Le professeur Clifford Nass du département de psychologie de l’Université de Stanford et son équipe ont démontré que les gens qui utilisent plusieurs nouveaux médias en même temps sont susceptibles de développer des problèmes cognitifs.

Les gens qui sont régulièrement bombardés par différents flux d’informations électroniques, courriels, Twitter, Facebook, téléphone, et bien d’autres encore, développent des problèmes d’attention, de contrôle de la mémoire, et ont tendance à changer plus fréquemment d’emploi que ceux qui prennent le temps de compléter un travail et d’effectuer une tâche à la fois.

Ces gens deviennent des « multitâches ». Si vous les observez, ils peuvent être en mesure de gérer plusieurs courriels, de « texter » sur leur téléphone portable, tout en regardant la télévision ou en visionnant une vidéo sur YouTube, ou en écrivant un message sur Twitter, et ce, en même temps. Souvenez-vous de Claude Forest et de son expérience lors d’une conférence.

Après avoir soumis plus de cent étudiants à une série de trois tests, les chercheurs ont réalisé que les « multitâches » paient un lourd tribut sur le plan cognitif : « Ils deviennent des champions de la non pertinence et tout les distrait », affirme le professeur Clifford Nass, l’un des coauteurs de l’étude parue en août 2009 dans la 24e édition des Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les chercheurs en sociologie ont depuis longtemps démontré qu’il est impossible de traiter adéquatement plus qu’une chaîne d’informations à la fois, pour la simple raison que le cerveau ne peut le faire. En fait, les gens qui sont « multitâches » pensent qu’ils ont un contrôle total sur leur processus cognitif, leur mémoire et sur le tri des informations qui arrivent de toutes parts.

Les collègues de Clifford Nass, Yyal Ophir et Anthony Wagner ont en vain cherché à comprendre quel pourrait être l’avantage sur le plan cognitif d’être multitâche. « Nous avons tenté d’identifier là où ils étaient le plus performant, et nous n’avons rien trouvé » affirme le docteur Ophir chercheur au Stanford’s Communication Between Humans and Interactive Media Lab.

Lors de l’étude, les scientifiques ont divisé les gens en deux groupes : ceux qui font régulièrement du multitâche, et ceux qui n’en font pas. Lors de l’une des expériences, on a montré aux deux groupes un jeu de deux rectangles rouges, ou bien deux, quatre ou six rectangles bleus. Chaque jeu de rectangles était présenté rapidement à deux reprises, et les participants devaient déterminer lequel des deux rectangles rouges avait été déplacé dans la seconde séquence par rapport à la première. De plus, on avait donné aux deux groupes la consigne d’ignorer les rectangles bleus.

Lors de ce test, les multitâches ont lamentablement échoué, car ils étaient constamment distraits par les rectangles bleus, alors que les non multitâches ont très bien réussi.

Parce que les multitâches ont démontré qu’ils ne pouvaient ignorer les détails, les chercheurs ont pensé qu’ils possédaient un meilleur sens de l’organisation et une meilleure mémoire. Le second test démontra que cette hypothèse était fausse. Après leur avoir montré des séquences de lettres, les multitâches ont échoué une fois de plus à identifier les lettres qui revenaient le plus souvent.

« Les non multitâches ont très bien réussi, alors que les résultats des multitâches empiraient, car ceux-ci retenaient plus de lettres et avaient de la difficulté à les trier » mentionne le docteur Ophir.

Après le deuxième test, les chercheurs ont émis une autre hypothèse : si les multitâches ne peuvent filtrer l’information pertinente, l’organiser et la structurer dans leur mémoire, c’est peut-être parce qu’ils excellent à passer plus rapidement et efficacement d’une tâche à l’autre que les gens qui sont non multitâches.

Le troisième test a battu en brèche cette hypothèse. On présenta simultanément des lettres et des nombres tout en leur donnant la consigne de porter l’attention sur un aspect spécifique. Dans un premier temps, ils devaient déterminer si les nombres étaient pairs ou impairs. Dans un deuxième temps, ils devaient dire si les lettres étaient des voyelles ou des consonnes. Une fois de plus, les multitâches ont échoué à ce test.

« Les multitâches sont toujours en train de fuir l’information qui devrait normalement retenir leur attention. Ils ne peuvent faire la séparation des choses dans leur esprit » mentionne le docteur Ophir.

Les chercheurs poursuivent leur étude afin de déterminer si les multitâches chroniques sont nés avec une incapacité à se concentrer, ou bien s’il s’agit de la résultante de l’utilisation prolongée des nouveaux médias qui les amène à faire plusieurs choses en même temps.

« Quand ils sont dans des situations où leur sont présentées différentes sources d’informations en provenance du monde extérieur, ou qui émergent de leur mémoire, ils sont incapables de filtrer ce qui est non pertinent. Cette incapacité à filtrer l’information signifie qu’ils sont surchargés d’informations non pertinentes » conclut Anthony Wagner.

Il semblerait donc, selon cette étude, qu’en faisant moins de choses en même temps, on puisse accomplir plus de choses. Par contre, il faut admettre que tous les gadgets électroniques et nouveaux médias auxquels nous pouvons avoir accès incitent fortement à devenir multitâches. Avez-vous assisté dernièrement à un séminaire ou une conférence ? Les gens ont avec eux leur ordinateur portable, leur iPhone ou leur Blackberry. Ils écoutent le conférencier, prennent des notes sur leur ordinateur tout en ayant le courrier électronique, Twitter et Facebook ouverts. Parlez-en à mon ami Claude Forest !

Le comportement du multitâche est tout à faite en accord avec la Théorie des tendances et l’egocasting. Étant donné que, comme jamais auparavant, nous nous sommes collectivement dotés d’outils de communication et de production de contenus alliant performance, maîtrise, et vitesse, nous avons pensé que notre cerveau était en mesure de réaliser les mêmes exploits. Malheureusement, notre cerveau s’ingénie à nous tromper allègrement. Pour en savoir plus sur ces errances que commet notre cerveau, consultez ici l’annexe de mon livre intitulé «Théorie des tendances – Savoir les décrypter pour en tirer profit».

» Article initialement publié (et commenté) sur Théorie des tendances

» Illustration de page d’accueil par Daquella manera sur Flickr

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Journalistes en 2010 http://owni.fr/2010/02/01/journalistes-en-2010/ http://owni.fr/2010/02/01/journalistes-en-2010/#comments Mon, 01 Feb 2010 15:33:03 +0000 Guillaume Ledit http://owni.fr/?p=7499 Cliquer ici pour voir la vidéo.

Que sera le journalisme en 2010 ? Dans quel écosystème s’intégrera-t-il ? Quel sera la place des journalistes en son sein ?

Toutes ces questions, les futurs journalistes interrogés par The Nation se les posent déjà. Ils tentent ici d’apporter des éléments de réponse. Si l’une considère que le journaliste de 2010 se devra de savoir tout faire, une autre considère qu’il devra se spécialiser sur un sujet, et apprendre par la suite à le diffuser au mieux.

L’importance du journalisme d’investigation est souligné par l’un des intervenants. Pour ce faire, il faut veiller à maintenir des médias indépendants.

Internet et les technologies comme le kindle et l’Ipad sont évidemment évoqués, pusiqu’ils remettent en cause la chaîne de distribution de l’information.

Pour le dernier journaliste en herbe, l’une des pistes intéressantes peut être la vidéo, notamment en cela que le format est facilement monétisable.

La conclusion est également intéressante : l’idée développée par la jeune journaliste est que l’on s’apprête à connaître un changement dans le contenu même de l’information, permettant à des minorités d’accéder au flux d’information “mainstream”, modifiant ainsi la structure de ce dernier.

Via l’observatoire des médias , @gillesbruno /-)

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#CantineRMX : les djs des NTIC fêtent leurs deux ans http://owni.fr/2010/01/25/cantinermx-les-djs-des-ntic-fetent-leurs-deux-ans/ http://owni.fr/2010/01/25/cantinermx-les-djs-des-ntic-fetent-leurs-deux-ans/#comments Mon, 25 Jan 2010 16:59:18 +0000 Abeline Majorel http://owni.fr/?p=7243 Free Culture, cela vous dit quelque chose ? Et bien, à l’occasion de son deuxième anniversaire, La Cantine a l’audace de remixer Laurence Lessig trois jours durant. Le 26, 27 et 28 janvier, la Cantine est fidèle à sa vocation de promouvoir et accueillir tous les acteurs de l’innovation numérique en vous offrant 3 jours de fête UGC.

Chaque intervenant a répondu à l’appel à projets de Silicon Sentier de contribuer à animer cet anniversaire. Tous ensemble, nous pouvons remixer cet espace central et essentiel de la culture numérique.

Vous cherchez les meilleurs spécialistes de Drupal ou de Wordpress ? Vous voulez connaître l’algorithme de l’Appstore ? Vous cherchez à comprendre le web de données ? Les transformations des média vous intéressent ? Vous voulez manager autrement ? Construire des objets interactifs indépendants ? Vous êtes un artiste souhaitant mixer art et techno ?

Que vous soyez un expert ou un simple passionné, Silicon Sentier vous offrira un panorama complet fait par les meilleurs experts de NTIC. Workshop ou conférence, tout sera fait dans l’esprit qui anime les équipes de Silicon Sentier : le partage et le dynamisme. Un programme alléchant que vous pourrez retrouver ici et qui vous donnera envie d’être un des 700 inscrits et participants à cet évènement.

Et pour le dernier mix avant de dormir, Silicon Sentier vous invite à vous rencontrer, vous mélanger, dans une ambiance zen et festive, lors la soirée de clôture de l’anniversaire .

Pour vous inscrire, rendez vous ici


Pour suivre REMIX sur twitter #CantineRMX

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Editorialisation a posteriori http://owni.fr/2010/01/18/editorialisation-a-posteriori/ http://owni.fr/2010/01/18/editorialisation-a-posteriori/#comments Mon, 18 Jan 2010 16:34:25 +0000 Martin Lessard http://owni.fr/?p=7070 J’évoquais en 2004 les 3 conditions pour que le RSS devienne grand public. Les trois conditions ont été accomplies (on dit “fil web” et le logo est normalisé; on peut s’abonner en 1 clic; tous les grands navigateurs l’ont intégré). Mais alors pourquoi le RSS est-il si peu utilisé par le grand public? Parce qu’il est resté cantonné à un usage technique. Le RSS a été remplacé par Twitter et Facebook.

http://www.freemediagoo.com/display.asp?result=202Le RSS est une commodité qui facilite le suivi d’info en ligne. Mais le grand public ne suit pas un fil web. Il suit un collègue, un ami pour qu’il le pointe vers une ressource nouvelle. Un ami (un “relais”) joue ainsi le rôle du fil RSS. Un filtre social.

Là où le RSS indiquait ce qui était (techniquement) nouveau, le filtre social permet de trouver ce qui est “socialement nouveau” dans son cercle de relations (pus ou moins étendu). À quoi ça sert de savoir que tel billet est nouveau si personne de son entourage ne s’y intéresse?

Notifications à la main

On veut savoir ce qui éveille l’attention de notre groupe : si le fil RSS permet de suivre ses aiguilles dans la botte de foin, il les présente à plat, sans hiérarchie. Twitter et Facebok offre une fonction d’éditorialisation a posteriori. L’information acquiert une métadonnée supplémentaire: elle représente le Zeitgeist, l’esprit du temps (de son cercle).

Facebook et Twitter offrent la possibilité de faire suivre des liens vers des ressources d’informations quasi instantanément. Facebook, plus privée et Twitter plus public, sont des médias sociaux bottom up.

Le partage de liens constitue, ma foi, l’usage le plus intéressant de ces réseaux. Or, pourtant, Delicious était là bien avant. Pourquoi le “social bookmarking” n’a-t-il pas été adopté par le grand public? Il offre pourtant les mêmes avantages de partage et même plus.

Facebook, parce qu’il permet de restreindre sa communauté à un cercle (plus ou moins) limité. Le partage n’a pas de visée universelle, mais est presque tribal.

Twitter, parce qu’il a su mettre de l’avant le nombre d’abonnés (“followers”) entrant ainsi de plain-pied dans l’économie de l’autopublication en adhérant à la monnaie commune : la reconnaissance. Connaître et identifier son audience grandissante offre une “récompense” à celui qui autopublie.

À mon sens, Twitter a une avance sur ce côté. Le nombre d’abonnés sur Facebook fait moins de sens que sur Twitter. Ce dernier se place mieux dans le nouvel écosystème de l’information.

Tri en périphérie
Le filtre social est une réponse à la surabondance d’information des réseaux. Le tri de l’information ne se faisant plus en amont, il est déchargé en aval sur l’utilisateur qui doit adopter de nouvelles stratégies de tri pour gérer cette subite augmentation de connaissance.

Le filtrage social retient ce qui est pertinent dans son cercle de connaissance et répond à une loi toute humaine du moindre effort : une info qui n’est pas de “qualité” (insérez ici vos critères personnels) ne se rend pas jusqu’à vous (ou alors vous vous êtes mal entouré).

Avec la montée des médias sociaux durant cette décennie qui se termine, le filtrage social par la base a atteint une échelle proprement vertigineuse et nous verrons dans les prochains dix ans l’impact que cela aura sur la société. Je suivrai pour vous ces avancés en 2010.

» Article initialement publié sur Zero Seconde

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